Conseil du pro : suivez le mouvement ! 

 

La guerre entre net et flou a toujours existé. Avec, pris entre deux feux, le mouvement. A figer… ou à figurer. Car être flou peut aussi donner des photos formidables. Quelques conseils.    

 

« On ne bouge plus… ! » Dès l’aube de la photographie, ce leitmotiv s’est imposé. Il visait à interdire tout mouvement entraînant automatiquement un cliché flou. Depuis ces temps pionniers et jusqu’à nos jours, beaucoup de gens pensent encore qu’une bonne photo ne peut être que nette. Pourtant, l’histoire photo démontre que le mouvement et le flou qu’il cause ont aussi largement produit des œuvres magistrales. Souvent volontairement. En effet,  la photographie a toujours été partagée entre figer le mouvement ou le figurer. Avec un éventail de variations entre ces deux techniques devenues des choix artistiques posés par les photographes selon qu’ils veulent travailler le mouvement par le flou, par le figé ou par le filé.  Jouer du mouvement est à la portée de tous, à condition d’en maîtriser quelques principes. 

 

 

Vitesse, mon amour 

Premier principe, primordial : régler la vitesse d’obturation. Celle-ci détermine le temps durant lequel on laisse passer la lumière, et donc la durée d’exposition du capteur à celle-ci. Si vous désirez que votre sujet soit net, plus il se déplacera vite, plus vous devrez augmenter votre vitesse d’obturation. Une vitesse commence à être qualifiée de « rapide » au-delà de 1/125ème (de seconde). Pour capter nettement une personne en marche, on se met à 1/200, un enfant qui court , à 1/400, un cycliste ou un cheval au galop à 1/700 tandis qu’une voiture à vive allure au moins 1/2000, et au-delà pour les Formule 1.

 

  

 

Deuxième principe : choisir le rendu recherché. Voulez-vous figer nettement votre sujet mobile et son environnement ? Ou plutôt le transformer en masse plus ou moins floue sur fond net pour accentuer l’impression de mouvement et de vitesse (en abaissant dans ce cas la vitesse d’obturation ) ? A moins que vous n’optiez pour un « flou de filé » en visant et accompagnant panoramiquement votre sujet en mouvement ? Pas simple mais faisable à condition de trouver la bonne vitesse d’obturation. Elle sera le fruit d’un compromis entre une vitesse pas trop lente pour assurer la netteté du sujet  au milieu d’un décor qui lui sera flou-filé, pour peu que la vitesse d’obturation ne soit pas trop élevée.

 

   

 

Certains se disent sans doute, mais pourquoi se casser la tête en mode Manuel alors que tant de fonctions « automatiques » existent sur tous les appareils ? Tels les modes  « sport », « rafale »,  « enfant qui court ».... En effet. Mis à part que les résultats seront standardisés ;  moins variés et moins riches que si vous prenez courageusement en main le choix de combattre ou de dompter le flou, pour obtenir des effets très personnalisés. Des équilibres subtils entre flou et net (on le voit bien avec les arrière-plans flous en portraits) dépendra dans  bien des cas le caractère unique de votre photo.   

Par exemple, en pose lente, sur un trépied, vous transcenderez le mouvement velouté de l’eau dans des cascades enveloppées dans une ambiance brumeuse. Cela et bien d’autres jeux sur le mouvement et le flou nécessitent un contrôle (manuel ou, à la rigueur, semi-automatique) de l’effet par le photographe. Dompter et sublimer le mouvement, cela se mérite.

 

  

 

Attention, prêts ? Shootez 

Plus encore que pour d’autres approches photo, saisir un sujet en mouvement nécessite d’être réactif et donc fin prêt. C’est à dire d’avoir anticipé la meilleure position en fonction du cadrage, de la composition de l’image souhaitée. C’est aussi de garantir votre propre stabilité, surtout à main levée !, au moment fatidique. Cela signifie enfin d’avoir son appareil (sans cache sur l’objectif !) à portée de main, prêt à déclencher en ayant déjà opéré tous les réglages (en priorité, vitesse d’obturation, exposition, ouverture…) Idem si pour encore mieux assurer la stabilité de votre appareil vous vous êtes muni d’un trépiedparade absolue au flou de bougé involontaireY pas à dire, le mouvement, ça peut rendre f(l)ou !