Avec le printemps, la lumière naturelle a fait son grand retour et relancé l’éventail des pistes photographiques. Surtout en extérieur. Pour utiliser adroitement ce nouveau potentiel lumineux, un bouquet de conseils de saison. 

 

Le conseil du pro : la saison des lumières

 

C’est le retour triomphal des luminosités formidables assorties de l’explosion des couleurs. Le printemps est là et bien là, à la grande joie des photographes car cette saison est  la plus riche de l’année en termes de variations lumineuses. Au-delà du fait qu’elle marque comme on dit « le renouveau de la nature », elle condense à elle seule pratiquement toutes les conditions météo des quatre saisons confondues : les cieux et frimas de traîne de l’hiver, le soleil et les ciels bleus de l’été, les séquences pluvieuses de l’automne et sa propre identité de saison en pente douce. Un cocktail de conditions, que notre météo tempérée nous sert parfois au cours d’une même journée. Ce temps variable et contrasté est aussi la source de l’extraordinaire variété de luminosités rencontrées de mars à juin. Alors profitons-en à fond !

 

 (Copyright Pascal Jadin)

 

Spring attitude

C’est surtout dehors que cela se passe. Alors sortez et profitez de toutes les opportunités – balades, petits trips, fréquents longs weekends -, pour débusquer les 50 nuances de grâce printanière. Face à la luxuriance des pistes photographiques  – paysages, faune et flore -, il y a ceux qui mitraillent et ceux qui se calent face à l’embarras du choix. Dans tous les cas, la réflexion centrale doit se focaliser sur la maîtrise de la palette des lumières offertes par le printemps et le choix de son sujet.

 

(Copyright Pascal Jadin)

 

Photosynthèse créative

Le printemps a tout pour réveiller votre créativité : des couleurs partout, du contraste subtil, des variations de luminosités, et une lumière particulière douce, diffuse et homogène, contrairement au soleil écrasant et très contrastant d’été. Le printemps est la saison des nuances. Que vous saisissiez un sous-bois, croquiez en gros plan une fleur resplendissante ou que vous tourniez votre appareil vers des ciels alternant nuages et rayons de soleil, averses orageuses et crépuscules apaisants, tous ces états seront servis de belles lumières directionnelles. Osez aussi les portraits en extérieur avec bokeh magistraux, les contre-jours inventifs, les contrastes et décalages d’ombres et de couleurs prêts à être cueillis d’un clic. Pour cela, un minimum de techniques s’impose.

 

 

 

Principes éclairés 

La photographie est l’écriture de (ou par) la lumière. Ce qui implique des principes techniques. Le plus évident est le choix de sa sensibilité qui, avec le retour d’une belle lumière, se cantonnera souvent à du 100/200 ISO. Le mode de prise de vue privilégiera lui le diaphragme plutôt que la vitesse vu que paysages, fleurs voire portraits sont surtout des sujets statiques. Un diaphragme plutôt fermé pour une grande profondeur de champs (genre f/11) et très ouvert (f/2.8 ou 3.5) si on privilégie l’avant-plan notamment en matière de portrait sur fond naturel avec un arrière-plan flou très esthétique. Voire l’impact d’une goutte de pluie, à condition pour cela d’augmenter la vitesse à 1/500 sec. Pour tout cela, rien de mieux qu’un bon 50 mm à grande ouverture. Si on vise la faune - comme saisir un papillon, l’envol d’un oiseau ou la course d’un renard, - la priorité vitesse et son augmentation s’avèrera aussi capital.  Ne négligez pas non plus, le choix de votre mode de mesure de lumière : mesure sélective (qui prend en compte tout ce qu’il y a autour du sujet), mesure pondérée centrale (basée sur le sujet central) ou mesure spot, très utile en cas de luminosités difficiles ou pour obtenir certains effets intéressants. Toujours au rayon « effets », l’ajout de filtres (polarisant ; dégradé neutre ; gris neutre variable, etc.) procure des aspects spectaculaires en matière de contrastes, couleurs, rendus liés à la luminosité ambiante. Excellent printemps photo !