La photographie était l’amie de l’ombre du peintre et sculpteur Jean-Michel  Folon. Comme outil d’inspiration et comme jardin secret. Une expo dévoile enfin cette facette étonnante.

 

Dans l’œil de Folon

 

Nulle notice biographique ne mentionne « photographe » pour qualifier l’aquarelliste, peintre, graveur, affichiste et sculpteur belge renommé. Pourtant, dès l’origine, Folon ne s’est jamais séparé de son appareil argentique. D’abord pour inventorier un tas d’éléments qui inspireront ses œuvres. Ensuite pour immortaliser des moments de connivence avec sa famille, ses amis illustres ou ses coups de cœur comme l’atelier du peintre italien Giorgio Morandi dont il tirera un livre de… photos. La photographie a bien été un élément central de la construction de la pensée visuelle de l’artiste. Et de sa cohérence.  250 clichés enfin rendus publics par la famille de feu Folon composent l’expo à l’angle de vue inédit.

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Suivez la flèche

Le parcours pourrait en être fléché tant ce pictogramme urbain a obsédé l’artiste qui comptait compulsivement les flèches, sur sa route entre Paris et Bruxelles et les prenait en photo. Il aime l’ambiance de la ville et des routes et tous leurs signes et mobiliers emblématiques qu’ils fixent sur pellicule. Des visages, des masques, des ambiances aussi. Autant de clichés surprenants, très soignés, qui inspireront graphiquement certaines esquisses de ses œuvres. 

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Portraits privés

Mais l’album Folon se révèle encore plus riche dans sa section « portraits ». Ceux par lesquels il a immortalisé ses amis célèbres, ses connaissances privées et quelques moments familiaux. Son objectif a saisi habilement le peintre David Hockney, les comédiens Yves Montand, Miou-Miou, Rufus, le réalisateur Federico Fellini ou encore ses pairs plasticiens, le sculpteur César ou le peintre Alechinsky… Folon privilégie le noir et blanc et démontre en toutes circonstances, notamment des voyages en Egypte ou au Mexique, sa maîtrise de la lumière et son sens du cadrage. Quand il ne se laisse pas lui-même photographier par des références de l’art photographique comme Cartier-Bresson, Lartigue ou Sieff, portraits qui parachèvent ce tour inédit dans la discrète chambre de Folon.

 

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Ateliers discrets

Folon avait aussi une tendresse pour les ateliers. Certains ponctuent discrètement l’expo. Comme celui de Ensor. Ou celui du peintre italien Giorgio Morandi, maître en natures mortes. Fasciné par ce dernier, son œuvre et son lieu de création, Folon tirera en 1985 un livre, « Fleurs de Giorgio Morandi ». Le fruit d’une immersion respectueuse en 1979 dans l’atelier du peintre à Bologne, où rien n’a bougé depuis sa mort en 1964. Sauf la poussière veloutant les « modèles » d’une vie de création : bouteilles, pots, vases et fleurs, comme éternelles. Folon a subtilement capté la poésie du lieu. Ce fut son unique travail photo à avoir été montré. Jusqu’à cette expo. A découvrir absolument.

 

« Folon Photos Graphiques » , du 26 mai au 25 novembre. Fondation Folon à la Ferme du château de La Hulpe. Drève de la Ramée, 6A. La Hulpe.

www.fondationfolon.be